Langues : Français - Español - English

Le calendrier Tzolkin - 20 nawales | L'énergie du jour | Calculateurs de nawal | Calendrier en PDF
La cosmovision | Le guide spirituel | La cérémonie | Les prophéties mayas | Le Cinquième Soleil
Ecrire avec des glyphes mayas | Autres thèmes de culture maya | Bibliographie | Liens

Paroles de Paix : “La paix réside dans le cœur de chaque être humain. La paix doit émaner de vous.” — Prem Rawat

| Livre : Devenir chaman
|




  1. La base de l’ancienne écriture maya
  2. Comment écrire son nom avec des glyphes mayas
  3. Titres, métiers et liens de parenté
  4. Noms de villages écrits en glyphes mayas
  5. Un peu de vocabulaire -
    Glyphes des grandes cités mayas
  6. Combiner le tout pour écrire des phrases simples
  7. Le syllabaire
    Une introduction non technique aux glyphes mayas.


La base de
l'écriture maya




1 - La base de l'ancienne écriture maya

L'ancienne écriture maya se compose de nombreux signes et symboles. Ces signes et symboles se nomment hiéroglyphes, ou tout simplement glyphes. Les glyphes sont comme des portraits, mais il est difficile de déchiffrer de qui ou de quoi, comme dans l'exemple qui suit :


Glyphes d'une stèle de Piedras Negras, Chiapas, México

A la différence de la majorité des langues européennes, l'ancienne écriture maya présente un autre système d'alphabet pour épeler les mots. Les mayas utilisaient une combinaison de glyphes qui représentaient des syllabes ou des mots complets. Nous allons appeler les glyphes qui représentent des syllabes : syllabogrammes, et les glyphes qui représentent des mots complets : logogrammes ou logos.

* Syllabogrammes : 5.5. SYLLABES (PHONÉTISMES) - En plus des logographes, le système maya utilise des signes phonétiques, ou plus précisément des syllabogrammes. Ces syllabes peuvent être autant des sons CV (consonne-voyelle) que C(V) (sans la prononciation de la voyelle finale). La règle veut que la dernière voyelle de la dernière syllabe ne soit pas prononcée (comme pour toute règle, il y a des exceptions).
* Logographe :
5.4. LOGOGRAPHES - Les logographes sont des signes qui représentent les sons et le sens de mots complets.

WH2005-fr, page 17

Peut-être trouverez-vous compliqué d'utiliser une combinaison de lettres et de signes pour former des mots, mais nous faisons souvent la même chose. Par exemple dans ce signal :


            (une voie)

Tout le monde sait que ce signal veut dire que l'on ne peut aller que dans une seule voie et une seule direction. La partie "una via" est écrite en lettres normales. Mais la pointe de la flèche indique "à droite". Cette indication est donnée seulement par la pointe de la flèche. Par conséquent, ce signal est une combinaison de mots et de signe. Ce qui est très similaire à la manière d'écrire des mayas. Les scribes mayas pensaient surement : "Pourquoi épeler quelque chose, quand une image vaut mille mots ?"

Glyphes qui représentent des syllabes

Les sons de l'ancienne langue maya étaient surement plus ou moins égaux aux sons du castillan. Ils utilisaient aussi les voyelles a, e, i, o, u (prononcées a, é, i, o, ou en français). Les anciens mayas avaient des symboles pour la plupart des consonnes accompagnées d'une voyelle. Par conséquent, ils avaient des syllabes pour cha, che, chi, cho, chu ; la, le, li, lo, lu ; ma, me, mi, mo, mu ; ta, te, ti, to, tu ; etc.

Ils inventèrent les glyphes seulement pour les syllabes se terminant par une voyelle. Quand ils avaient une syllabe terminée par une consonne, il joignaient deux glyphes. Par exemple, s'ils voulaient écrire un son comme la syllabe tab, ils utilisaient les syllabes ta + ba et ne prononçaient pas le dernier a, ce que nous pouvons écrire ainsi : ta-b(a). Dans cet exemple, les parenthèses indiquent que le dernier a est muet. Bien que la dernière voyelle a soit muette, en règle générale, dans l'écriture maya la dernière voyelle et la voyelle antérieure sont identiques, cela s'appelle la règle de l'harmonie. Par exemple, normalement ils n'écriraient pas tab comme ta-b(e) parce que la voyelle muette et la voyelle antérieure ne sont pas identiques.

Parfois, les anciens mayas utilisaient une voyelle muette différente de la précédente. Cela s'appelle la règle de disharmonie et en général elle était utilisée quand ils voulaient indiquer que la voyelle précédente était très longue, ou distincte d'une autre manière d'une voyelle normale.

[C’est un peu la même chose en français avec certains mots se terminant par une consonne suivie de la voyelle e. Par exemple dans le mot table, la voyelle e est écrite mais n’est pas prononcée : on ne dit pas tableu ni tablé ni tablè, mais on prononce tabl (e), le e est sous-entendu, c’est un e muet. De plus, la voyelle a est assez longue : aa, taabl(e).]


Les anciens mayas avaient quelques sons qui n'existent pas en castillan (ou en français), mais qui sont communs aux langues mayas modernes. Ces sons sont appelés "occlusives glottales", ou simplement "occlusives". Les occlusives sont des combinaisons d'une consonne et d'une voyelle qui s'entendent d'une manière explosive quand elles sont prononcées ensembles. Pour marquer les occlusives, on emploie une apostrophe (') ; par exemple, t'o (le son de t plus o).

Occlusive :
Type de consonne impliquant une obstruction (fermeture) complète du passage de l'air à certains points de la voie orale suivi d'un soudain relâchement de l'air. En maya Classique, il y a huit occlusives :
/p/, /t/, /k/, / '/, /p'/, /t'/, /k'/ et /b'/.

WH2005-fr , page 91

En général, les mayas avaient plus d'une manière d'écrire une syllabe (...). C'est pourquoi deux personnes qui s'appellaient Maria pouvaient épeler leur nom en utilisant différents glyphes mayas. Comme vous vous en rendrez compte bientôt, les scribes mayas étaient des femmes et des hommes très créatifs et intelligents, et ils aimaient beaucoup s'amuser quand ils écrivaient leur langue.


Déesse de la Lune sur une poterie maya

Voyons à présent comment les mayas écrivaient leurs syllabogrammes, dans un tableau nommé syllabaire (une sorte d'alphabet, sauf qu'il contient des syllabes en plus des voyelles). Pour connaître le glyphe de ma, il suffit de regarder dans le tableau la syllabe ma pour voir les glyphes qui peuvent être utilisés pour ce son. Par conséquent, on peut écrire ma ainsi : 




Pour découvrir d'autres syllabes, vous pouvez chercher dans le syllabaire.

On peut écrire des mots complets avec ces syllabes. Chaque fois qu'on écrit un mot en utilisant les syllabes qui le composent, on dit qu'on écrit le mot phonétiquement, ce qui veut simplement dire qu'on écrit le mot avec des sons.

Tous les glyphes de l'écriture maya ne sont pas encore connus, c'est pourquoi certaines cases sont vides.


      La main d'un scribe, Tikal, Guatemala


Glyphes représentant des mots complets

Comme nous l'avons dit, l'écriture maya est une combinaison de glyphes qui représentent des syllabes, appelés syllabogrammes, et de glyphes qui représentent des mots entiers, appelés logos ou logogrammes. Il a été déchiffré environ 250 syllabogrammes et quelques 500 logos qui étaient utilisés dans l'écriture maya ancienne, durant l'époque classique.

Pour ne pas confondre les glyphes qui représentent des syllabes avec les glyphes qui représentent des mots (logos), nous écrirons les noms des glyphes qui représentent des logos en majuscules.

Par exemple, la couleur blanche : blanc (SAK, en langues mayas, ancienne et moderne), peut être représentée par ce glyphe :

Le mot ciel (CHAN, dans la langue maya ancienne) peut être écrit avec ce : glyphe

Comme ces glyphes représentent des mots complets et ne sont pas formés avec des syllabes, nous disons que ce sont des logos.


Parfois, un logo ressemble à ce qu'il signifie. Par exemple, le glyphe qui veut dire jaguar ressemble bien à un jaguar. (...)




Comme les mayas aimaient beaucoup la variété et s'amuser en écrivant, ils utilisaient une combinaison de logos et syllabogrammes pour créer des mots simples. Par conséquent, chaque scribe se donnait le luxe de choisir des combinaisons différentes pour écrire le même mot. Et comme, normalement, les scribes étaient des artistes, ils utilisaient leur créativité au maximum, et taillaient ou dessinaient le même glyphe de différentes manières. En conséquence, pendant que certains aspects de l'écriture maya suivent des règles exactes, d'autres aspects varient selon le scribe.

Tant que vous serez étudiant débutant en écriture maya, il est préférable de suivre d'abord les règles, mais quand vous deviendrez un ou une scribe habile, comme les anciens mayas, vous pourrez aussi user de toute votre créativité.

Écrire des mots avec des glyphes

Maintenant, écrivons le mot jaguar avec des glyphes mayas. Le mot qu'utilisaient les anciens mayas pour jaguar était b'alam (ou techniquement plus correcte : b'ahlam). Les cinq groupes de glyphes suivants sont des manières correctes d'écrire b'alam, ou jaguar.


(1) B'ALAM


(2) ba' la

ma

(3) b'a     B'ALAM

(4) B'ALAM
ma

(5) b'a   B'ALAM
ma

Basiquement, le glyphe supérieur n'est rien moins qu'un portrait d'un jaguar. C'est le logographe zoomorphe, et le logo de B'ALAM.

Le glyphe suivant pour b'alam représente les sons qui composent le mot. C'est-à-dire que le mot est écrit phonétiquement. Rappelez-vous que pour écrire un mot phonétiquement, on le divise en syllabes. Par conséquent, b'alam est écrit comme b'a-la-m(a). Les parenthèses contenant le dernier a indiquent que celui-ci est muet ou silencieux (ne se prononce pas). Dans le syllabaire vous trouverez les cases correspondant à b'a, la et ma, mettez-les ensemble et vous obtiendrez le glyphe pour b'alam (le deuxième glyphe ci-dessus). Quand les glyphes sont rangés ensembles et forment un groupe, ils se lisent suivant un ordre, plus ou moins, de gauche à droite et de haut en bas.

Les trois glyphes inférieurs de l'illustration sont une combinaison du logographe zoomorphe de B'ALAM, et des sons qui composent le mot. Le logogramme de b'alam est inclus dans ces glyphes, ainsi que une, ou plusieurs, des syllabes qui composent le mot. Quand un mot est écrit de cette manière, il est normal d'inclure la première et/ou la dernière syllabe, mais pas les syllabes du milieu. Ces syllabes extra sont comme des syllabes d'aide pour le logogramme. Le nom technique est "complément phonétique".

Un autre exemple est le glyphe pour le mot ciel, que nous avons vu auparavant.  Nous pouvons écrire ciel comme ceci : CHAN


Mais le mot CHAN est écrit plus communément de cette façon :
Ce glyphe contient le glyphe de ciel CHAN, plus la syllabe d'aide na, en-dessous.


Cette syllabe d'aide nous sert à reconnaître et prononcer le glyphe. Le second glyphe est écrit en syllabe maya, comme CHAN-n(a), où le a final est silencieux.

Bien que les mayas étaient très créatifs, la raison pour laquelle ils incluaient des syllabes non nécessaires d'un mot n'est pas claire. L'exemple suivant peut nous éclairer. Tout le monde sait qu'un grand signal rouge dans les rues, de forme octogonale, signifie STOP. Mais, à l'intérieur de l'octogone est écrit le mot STOP.

Souvent, nous prenons des raccourcis en écrivant comme le faisaient les mayas. Nous faisons des raccourcis et des abréviations. Par exemple, Mlle au lieu de mademoiselle, ou Dr. au lieu du mot docteur. De plus, nous écrivons des sigles, c'est-à-dire les premières lettres d'une série de mots pour représenter le groupe entier (comme par exemple ONU pour Organisation des Nations Unies). Nous utilisons aussi souvent les sons qui ressortent le plus d'un mot ou une phrase (par exemple, "XXX Large" signifie eXtra eXtra eXtra Large). Les mayas utilisaient des syllabes au lieu de lettres, mais l'idée est la même.


Un glyphe de jaguar entier pour b'alam

Blocs de glyphes

Le glyphe pour b'alam démontre qu'un mot maya, dans l'antiquité, était souvent une combinaison (ou bloc) d'autres glyphes (bloc glyphique). Normalement, le scribe mettait un signe ou glyphe principal à côté d'autres glyphes qui servaient de préfixes, suffixes, exposants ou indices. Il y a des cas similaires dans notre langue : en espagnol : le verbe conocer (connaître). Dans desconocer, conocer est le mot principal (similaire au signe principal, et des est le préfixe ; en français : méconnaître : connaître est le mot principal, et est le préfixe). Dans le mot espagnol conocible, conocer est le mot principal, et ible est le suffixe ; en français, reconnaissable : connaître est le mot principal, re est le préfixe, et able est le suffixe (idem avec méconnaissable).

Comme les anciens mayas, nous utilisons des exposants et des indices, bien que nous les utilisions surtout dans les mathématiques et les sciences. Par exemple, 10 élevé à la puissance 2 : 102 (10 exposant 2), 10 est le nombre principal (correspondant au signe principal, et 2 est l'exposant). Autre exemple d'exposant: 2ème
Les indices sont également utilisés, comme dans H2O (eau). Les exposants et les indices peuvent être placés devant ou derrière, en haut ou en bas : sur ce diagramme, X représente le mot (ou signe) principal, et 2 représente les positions possibles des exposants et indices.
(Pour plus de détails, consulter la page WH2055-FR (page 18) :
(http://www.mesoweb.com/resources/handbook/WH2005-Fr.pdf)

Nous pouvons faire de même avec des signaux et des logogrammes :


      Ici, nous avons le signe principal (un logogramme)
      d'une cigarette allumée


      Et là, le signe secondaire (un logo)
      qui veut dire "non", "interdiction"



      Mis ensembles, nous obtenons le message :
      "Interdiction de fumer"




Bien sûr, nous pouvons aussi user de signaux de beaucoup d'autres manières. Nous savons tous ce que signifie un geste d'adieu avec la main, ou hausser les épaules pour dire “je ne sais pas” ou “peu m'importe”. Les mots ne sont pas toujours nécessaires. Les signes parlent d'eux-mêmes.

Même dans l'écriture ordinaire, nous utilisons des signes qui signifient des mots entiers. Nous savons que +, #, ÷, et % signifient les mots plus, numéro, diviser et pourcent. De fait, tous les nombres sont comme des logos. C'est-à-dire, 4, 7 et 21 signifient les mots quatre, sept et vingt et un.

De plus, dans les ordinateurs, nous utilisons beaucoup de signes (ou icônes), lesquels ne sont rien moins que des logogrammes utilisés à la place des mots. Pour enregistrer un fichier sur le disque dur, nous faisons un clic
sur une icône représentant le disque ;
pour imprimer, un autre clic sur l'icône de l'imprimante ;
et pour ouvrir un répertoire, un clic sur l'icône d'un répertoire.


De manière similaire, les compagnies ont leurs logos, les pays ont leurs drapeaux et les religions ont leurs propres signes (la croix, l'étoile de David, le croissant de Lune). Par conséquent, il est facile de se rendre compte que, comme les mayas, l'utilisation de signes est fréquente. L'unique différence est que nous n'utilisons pas autant de signes quand nous écrivons.

Maintenant, comment les mayas disposaient-ils leurs signes, symboles et glyphes ensembles pour composer un texte ? Voici un diagramme des parties d'un glyphe simple.

ou comme indiqué plus en haut :

Comme nous pouvons le voir, le signe principal du centre est normalement le signe principal du groupe. Dans la langue des anciens mayas, comme en castillan et en français, seuls quelques préfixes, suffixes sont utilisés dans un mot. Il faut connaître l'ordre des parties pour comprendre un mot. Par exemple, le mot reconnaissable a un sens, mais sablereconnais n'a aucun sens. Il est donc important de savoir que dans l'écriture maya, l'ordre des parties dans les blocs glyphiques est normalement de gauche à droite, et de haut en bas.

Le problème est que les blocs glyphiques peuvent être beaucoup plus compliqués que l'exemple précédent. Voici un guide pour lire (et écrire) des blocs glyphiques plus compliqués.



Parfois les anciens mayas combinaient deux glyphes en un seul. Par exemple, les syllabes mo et lo. Les glyphes de ces syllabes sont :


mo

et

lo

      Pour écrire mo-l(o), les mayas combinaient
      les deux glyphes pour obtenir :
      mo-l(o) = mol



Maintenant, vous avez les connaissances nécessaires pour commencer à écrire avec des glyphes mayas. Apprenez les règles, mais utilisez votre créativité ! En avant ! Amusez-vous bien !


Dans les mythes mayas, les scribes étaient souvent dessinés comme des singes.
Comme les singes, les scribes semblent s'amuser.



      Quelques précisions

  • Les glyphes peuvent être déformés dans un sens ou dans un autre, mais aussi subir une rotation, ou bien avoir des différences, cela dépend de la personne, le scribe qui a peint ou taillé le document, de sa créativité, son inspiration du moment ; l'important, ce sont les traits caractéristiques de chaque glyphe.

  • Glyphes très ressemblants : u et lo

    Les glyphes et sont très ressemblants. Le premier est la lettre u, et le second est la syllabe lo. Dans ce cas, pour les différencier, il faut voir le contexte. Lorsque ce glyphe est placé au début des mots, il représente la 3ème personne du singulier (il, elle, celui, celle, sa, son, lui en français). S'il est placé au milieu, alors il représente la syllabe lo.

... l'immense majorité des verbes est écrit à la troisième personne (il/elle) : u-(avant un mot commençant par une consonne) ou y-(avant les mots commençant par une voyelle).


  • Dans le document GlifosMayasLibro1Sect1, la ligne courbe à l'intérieur ne touche pas les bords :
    img486.gif
    alors que dans le document WH2005-Fr cette courbe intérieure touche les bords :

    Mais il s'agit bien du même glyphe avec la même signification lo (lorsqu'il est placé à l'intérieur du mot).

  • Certains glyphes apparaissent dans un document mais pas dans l'autre, cela est dû au fait que tous les glyphes ne sont pas encore connus, et les cases vides se remplissent au fil des découvertes...

  • En langues mayas, la lettre b n'existe pas comme en français ; il s'agit d'un b', b glotal...

4. LANGUE(S) DES HIÉROGLYPHES

Jusqu'à récemment, l'étude des glyphes mayas était une particularité linguistique. La plupart des chercheurs travaillait dans leurs langues respectives lorsqu'ils traduisaient les glyphes mayas et n'ont jamais compris que la clé pour comprendre l'épigraphie était la connaissance d'(au moins) une langue maya. Évidemment, jusqu'aux travaux de Knorosov et Proskouriakoff, il y avait peu d'outils à leur disposition. Ainsi, les chercheurs ont souffert d'une sorte de myopie scientifique et n'ont jamais cherché à appliquer les langues mayas modernes aux anciens glyphes. Aujourd'hui, il est clairement établi que la langue des glyphes est assez similaire à plusieurs langues mayas modernes.

Il existe aujourd'hui à peu près 30 langues mayas parlées dans le sud du Mexique, le Yucatan, le Belize, le Guatemala et le Honduras, constituant un groupe d'environ six millions de pratiquants. On distingue les langues des Hautes Terres et celles des Basses Terres. En général, le sousgroupe linguistique des Hautes Terres (q'anjob'al, q'eqchi', mam, k'iche' et tojolab'al) n'a rien ou peu à voir avec les textes hiéroglyphiques qui ont été préservés. D'un autre côté, les sous-groupes des Basses Terres (ch'ol, tzeltal et yukatèke) sont plus intimement liés aux textes anciens.

De nos jours, il y a des preuves substantielles que presque tous les textes hiéroglyphiques mayas étaient écrits en langue ch'ol oriental que les linguistes ont qualifié de «maya Classique» ou «ch'olti'ain' Classique» (Houston, Robertson, and Stuart 2000). La langue moderne la plus proche est le ch'orti', qui est parlé dans une petite zone de l'est du Guatemala et de l'ouest du Honduras (près des ruines de Copan). Derrière les langues mayas Classique, il y a des preuves d'influence d'autres langages des Basses Terres dans le corpus des hiéroglyphes mayas : tzeltal dans quelques textes de Tonina, chontal dans le nord du Guatemala (Itzimte), yukatèque à Chichen Itza et peut-être itza-mopan dans le codex de Madrid.

WH2005-fr, page 13

Les glyphes mayas sont optimisés pour les langues mayas, tout simplement.


    Bibliographie :

mysticomaya.com